Vous vous rappelez cette douce et ironique chanson ?
Les plus jeunes ne la connaissent sans doute pas mais nous, les justes-un-peu-moins-jeunes, nous avons fredonné ce refrain et la douce voix de Jeanne Moreau résonne encore dans notre… mémoire.
Pourquoi ? Pourquoi certains airs, certains vers de poésie de notre enfance, certaines scènes de films, certaines images de notre histoire demeurent présentes et d’autres semblent évanouies ?
Amusez-vous à retrouver certaines expressions populaires liées à la mémoire. Si vous en trouvez d’autres envoyez-les-moi car je suis en train d’en faire une petite liste amusante et j’accepte volontiers votre contribution.
Commençons la liste :
Voici des expressions qui définissent des aspects ou des modalités d’utilisation de la mémoire :
Certaines expriment une caractéristique positive ou négative de la mémoire :
D’autres utilisent des expressions imagées pour traduire des difficultés au fonctionnement de la mémoire ou au contraire son bon fonctionnement :
- La mémoire qui flanche
- Avoir un trou de mémoire
- Chercher dans sa mémoire
- Mémoire à tiroirs
- Rafraichir la mémoire
- Perte de mémoire
- Manque de mémoire
- Mémoire peu fiable
- Mémoire poreuse
- Mémoire infidèle
- De triste mémoire
- De fâcheuse mémoire
- Mémoire courte
- Mémoire à court terme
- Mémoire à long terme
- Heureuse mémoire
- Bonne mémoire
- Mémoire sûre….
La liste semble infinie et tend ainsi à démontrer combien le phénomène mémoire est important. Plus nous cherchons et attribuons de qualificatifs à un concept, plus cela traduit la difficulté à en cerner les contours. Cette mystérieuse entité, Dame Mémoire, nous la personnalisons avec des attributions sérieuses ou fantaisistes, des périphrases, des images.
C’est une façon d’exorciser cette grande peur du manque que nous en avons car, en effet, sans mémoire nous sommes perdus. L’amnésie temporaire ou permanente créé angoisse. La mémoire nous garantit notre identité. Nous avons besoin de nous souvenir de notre nom, de notre filiation, de notre adresse, de dates, d’évènements, de pratiques acquises… C’est pourquoi, le syndrome d’Alzheimer nous terrorise, puisque la perte de la mémoire représente pour nous la dégradation de notre relation à nous-mêmes et au monde. Je pense donc je suis, a écrit Descartes, si je ne suis plus capable de penser, cela signifie-t-il que je n’existe plus ? Ce syllogisme est très présent. Les facultés comme la pensée, le raisonnement, la mémorisation, la coordination de nos actes, la reconnaissance de notre individualité et celles des autres, la capacité d’identification de nos relations affectives, etc. sont étroitement interdépendantes et se situent à la base de notre présence effective dans notre cercle personnel avec la définition de notre rôle et place sur l’échelle sociale. Leur disparition conduit à une forme de mort communautaire, très douloureuse pour celui ou celle qui la vit en s’en rendant compte et pour l’entourage qui se sent dépourvu et impuissant. Mais ceci est un autre argument que je ne peux traiter ici maintenant.
Revenons à Dame Mémoire pour comprendre comment la connaitre et l’apprivoiser et lui permettre de développer tout son potentiel.
La mémoire est définie comme une fonction ou un mécanisme, mais elle est bien plus que cela. Notre cerveau, sur lequel elle s’appuie, utilise un nombre infini de connections neuronales dont la tâche peut être comparée à celle d’un computer en mesure d’emmagasiner des milliards d’informations, de vécus, d’expériences et peut-être même de souvenirs appartenant à d’autres vies.
Confondre la mémoire avec un archive ou un dépôt est une erreur car la mémoire est vivante, fluctuante, modelable, extensible. Son potentiel est illimité si vous apprenez à la faire fleurir. Elle ne demande qu’à vous aider. Une mémoire qui ne rend pas ce que l’on attend d’elle est souvent une mémoire mal entrainée, désorganisée, anarchique sous l’influence d’une difficulté d’attention et de concentration donc de mémorisation.
Dans les semaines qui viennent, nous nous pencherons sur les différents aspects de cette merveille qu’est la mémoire. Laissez-moi vous donner une suggestion avant de vous quitter. Contrôlez votre alimentation.
Cela vous surprend ? Réfléchissez : si la mémoire dépend du cerveau, celui-ci est un organe qui a des besoins, besoin de se régénérer dans le sommeil, de se détendre et d’être nourri grâce à une correcte alimentation.
Une alimentation riche en fruits, légumes et poissons vous aidera à éliminer les radicaux libres, éléments dont la toxicité est désormais connue. Pour fonctionner au mieux possible, notre cerveau requiert une nourriture riche en antioxydants et en vitamines. Nous y reviendrons. Mens sana in corpore sano demandait aux dieux le poète romain Giovenale. Suivons donc cette recommandation. Evitez les graisses animales et végétales, les aliments sophistiqués, édulcorés… Revenez à une alimentation équilibrée et le plus possible naturelle et vous verrez votre capacité d’attention et de concentration donc de mémorisation s’améliorer.
A lundi prochain,
Amanda Castello
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2 commentaires
Charlotte
7 février 2012 à 7 h 25 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
Bonjour,
Je rejoins votre analyse sur le cerveau. L’alimentation est très importante. Il faut éviter toute l’alimentation industrielle. Ces aliments contiennent trop d’additifs. il faut privilégier les produits bio et dans la mesure du possible, préparer nos repas. double plaisir.
Bon appétit
Amanda Castello
7 février 2012 à 18 h 21 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
Vous avez parfaitement raison Charlotte et cela me fait plaisir que vous partagiez cette opinion. Le chapitre alimentation influence toute notre vie et non seulement notre mémoire. Nous avons malheureusement perdu un rapport équilibré avec la nourriture, oubliant meme de regarder ce que nous avons dans notre assiette, ne pensant souvent qu’au plaisir que procure une saveur sans penser au sens et au pouvoir énergétique de chaque aliment. C’est un goros morceau sur lequel je reviendrai, mais si vous avez des suggestions ou un avis, n’hésitez pas à me le faire savoir. A plus.
Amanda